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	<title>Billet d&rsquo;humeur - VAM</title>
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	<title>Billet d&rsquo;humeur - VAM</title>
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		<title>Dans la peau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[VAM]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Sep 2018 15:54:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet d’humeur]]></category>
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					<description><![CDATA[J’ai toujours été fascinée par le pouvoir d’une caresse sur la peau. Parfois, il me semble me dissoudre dans ce pur plaisir tactile, me confondre avec ma peau, au-delà de toute raison. Les plus pragmatiques y verront le simple effet d’un cocktail d’endorphines, je préfère la poésie du frisson. J’ai le souvenir d’un très beau [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai toujours été fascinée par le pouvoir d’une caresse sur la peau.<br />
Parfois, il me semble me dissoudre dans ce pur plaisir tactile, me confondre avec ma peau, au-delà de toute raison.<br />
Les plus pragmatiques y verront le simple effet d’un cocktail d’endorphines, je préfère la poésie du frisson.</p>
<p>J’ai le souvenir d’un très beau texte de Philippe Faure, « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Faure_(acteur)" target="_blank" rel="noopener">La Caresse</a> » (magnifiquement interprété au théâtre par Catherine Mouchet et sa voix, comme une fêlure…). « Le drame de la caresse, c’est le drame de l’éphémère ».<br />
Comment garder trace de ces caresses ? J'avais déjà abordé la question dans la série « Your Shadow », pour laquelle j’avais commencé à explorer la peinture numérique.</p>
<p>Mais restons concentrés sur la peau, médiateur fabuleux de notre lien au monde !</p>
<h4>L'empire des sens</h4>
<p>A la moindre brise, la peau frémit. Aux rayons du soleil, une douce chaleur nous envahit. Au contact d’un vêtement de satin, de velours, un plaisir sensuel nous submerge… (ce qui me fait penser au « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cri_de_la_soie" target="_blank" rel="noopener">Cri de la Soie</a> » de Yvon Marciano. Le film n’est pas cinématographiquement grandiose, mais le sujet troublant : l’extase par le seul contact de l’étoffe précieuse…)</p>
<p>Le « peau à peau » est encore plus puissant ! A la naissance, l’enfant ressent d’abord le monde au travers des mains et des baisers de ses parents. D’ailleurs, les bébés qui ne sont pas caressés par leur mère ont un développement psychique et moteur fortement perturbé (les cas étaient malheureusement nombreux dans les orphelinats, avant qu’on ne comprenne que les mots et caresses étaient aussi vitaux que les seuls soins d’hygiène et de nourriture qui étaient prodigués). La plupart des mamans ne se privent pas de garder leurs enfants contre elles, peau à peau, et de les caresser jusqu’à l’ivresse.</p>
<p>A la première rencontre, le simple effleurement de deux mains nous transporte. Puis un genou, une épaule… Livrer sa peau est le premier des abandons. Les amants n’ont de cesse de s’étreindre pour sentir leurs peaux l’une contre l’autre… Dans un partage animal, une communion primitive.</p>
<h4>Le « Moi-Peau »</h4>
<p>Je n’ai cité jusqu’ici que les sensations agréables, mais nous avons tout autant d’exemples à l’inverse, autant de messages négatifs que la peau reçoit sans filtre – le froid, la brulure, la douleur, les coups, les blessures du temps, les caresses qui ne sont pas voulues, ou l'absence de caresses… Des millions de capteurs (5 millions pour être précis) nous transmettent en permanence une multitude d'informations et d'émotions, bonnes ou mauvaises, qui font de nous ce que nous sommes.</p>
<p>Lorsque « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Moi-Peau" target="_blank" rel="noopener">Le Moi-Peau</a> » paraît en 1985, c’est une petite révolution dans le monde de la psychanalyse. Didier Anzieu jetait un pavé dans la mare : le corps n’était donc pas si négligeable dans le fonctionnement psychologique des patients.</p>
<p>Je cite Evelyne Séchaud, qui a préfacé la réédition de 1995 : « La peau est l'enveloppe du corps, tout comme le moi tend à envelopper l'appareil psychique (…) Considérer que le moi, comme la peau, se structure en une interface permet ainsi d'enrichir les notions de frontières, de limites, de contenants, dans une perspective psychanalytique. »</p>
<p>Bien que beaucoup décrié à l’époque, les répercussions du livre furent nombreuses. La prise de conscience était irréversible. Et j’ai trouvé dans cet ouvrage une explication étayée de ce que je ressentais confusément : l’infini pouvoir que la peau exerce sur notre perception intellectuelle du monde (et vice versa évidemment).</p>
<h4>Toi émoi</h4>
<p>La raison n’a pas la moindre prise sur la logique de la peau, une logique immédiate et – littéralement – sensationnelle.<span class="Apple-converted-space"> Puissance charnelle qui mène à tous les bonheurs et toutes les souffrances.</span></p>
<p>Cette peau qu'on meurtrit, qu'on mutile, pour détourner la désolation du cœur ou la douleur morale, cette peau qui dit le mal intérieur. Cette peau qu'on griffe, qu'on tatoue, qu'on scarifie, pour être sûrs d'être en vie, pour en laisser trace, ou pour la sublimer. Cette peau qu'on voudrait caresser jusqu'à l'obsession, qu'on voudrait embrasser, respirer, lécher, mordiller.</p>
<p>Envie de chair. Envie de faire l'autre soi, de prendre l'autre en soi. Délire anthropophage de fusion absolue…</p>
<p>Et si ce n'était que cela, le privilège immense et déchirant d'avoir l'autre « dans la peau » ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>VAM</p>
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		<title>Le plaisir interdit</title>
		<link>https://www.vam-artist.com/2018/07/24/le-plaisir-interdit/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[VAM]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Jul 2018 17:27:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet d’humeur]]></category>
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					<description><![CDATA[Le plaisir tient une place centrale dans notre société. Tout aujourd’hui doit être source de plaisir…  Plaisir au travail, plaisir dans les activités, plaisir dans le couple. Une recherche omniprésente, impérieuse.  Il y a des jours qui ne font pas plaisir et c’est peut-être très bien ainsi. Une vie de « jouissance » continue serait probablement terriblement [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le plaisir tient une place centrale dans notre société. Tout aujourd’hui doit être source de plaisir…<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Plaisir au travail, plaisir dans les activités, plaisir dans le couple. Une recherche omniprésente, impérieuse.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Il y a des jours qui ne font pas plaisir et c’est peut-être très bien ainsi. Une vie de « jouissance » continue serait probablement terriblement ennuyeuse, car ce sont aussi la frustration, l'attente ou les épreuves à surmonter qui rendent le plaisir enfin conquis si délicieux. Il est bien connu que le désir est souvent plus savoureux que le plaisir lui-même.</p>
<p>Dans la vie intime, le plaisir est devenu un droit, si ce n’est une obligation. Je ne peux que me réjouir d’une évolution de société qui accorde aujourd’hui une place plus<span class="Apple-converted-space">  </span>légitime au plaisir féminin et rend enfin hommage à ce tout petit mais puissant organe qu’est le clitoris... Pour autant, cette injonction au plaisir peut aussi devenir une source de détresse tant les codes de l'érotisme et de la pornographie (si accessible et intégrée, dès le plus jeune âge, via les écrans), imposent des modes relationnels, des pratiques ou des performances d'où le véritable plaisir et la liberté sont parfois totalement absents. Mais ceci est un autre débat car je souhaite plutôt évoquer ici l’interdiction du plaisir.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<h4>Tu iras en enfer<span class="Apple-converted-space"> </span></h4>
<p>Ce qui me rend songeuse, surtout, c'est l’hypocrisie des comportements. On prône le plaisir à tous les étages, mais dans le même temps, on continue de stigmatiser celles qui prendraient « trop » de plaisir.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Pendant des siècles, éduquer les jeunes filles consistait à leur apprendre à maîtriser les tâches ménagères… et serrer les cuisses. Virginité au mariage, fidélité… Cela pourrait se comprendre : calmer les ardeurs avait pour objectif principal d’éviter la naissance de bâtards. Quant à la masturbation, elle était au mieux une pratique qui nous rendrait débile, au pire un péché qui nous mènerait en enfer.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Mais depuis, nous sommes censées être bien plus libres ! Or, le regard de la société n’a pas tant évolué. Je remarque souvent que la recherche du plaisir reste assez mal vue chez les femmes, alors qu’on est toujours indulgent avec un homme volage. Les « salopes », « chaudasses » et autres noms charmants fleurissent vite sur les lèvres. De sorte que certaines femmes aujourd’hui peinent encore à vivre sereinement leur plaisir tant elle ont intégré cet interdit. Peur de ne pas être une femme bien ? Ou domination masculine bien plus ancrée qu'il n'y paraît ?</p>
<h4>Défense de jouir</h4>
<p>Au-delà de la simple désapprobation morale, contrôler le plaisir reste malheureusement une réalité violente dans une bonne partie du monde. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Les pratiques de l’excision et de l’infibulation continuent de perdurer et la situation est totalement révoltante. La prévention progresse lentement face à l’enracinement de ces pratiques ancestrales.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Le constat est accablant : 200 millions de femmes dans le monde ont subi des mutilations génitales (dont 500 000 en Europe et 60 000 en France). Une femme sur trois en Afrique. Et 3 millions de filles risquent de subir le même sort chaque année si l'on ne lutte pas davantage (source <a href="https://www.excisionparlonsen.org">https://www.excisionparlonsen.org</a>). Qu’elles soit pratiquées au sein de la famille, qui souvent croit bien faire, mais aussi par des professionnels de santé, m’est d'autant plus insoutenable.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>La série des Vierges Noires m’était venue dans un accès de colère face à ce triste bilan… Je voulais mettre ces femmes mutilées en regard avec les femmes libres de leur corps et de leur plaisir. Parler de la souffrance et du désir. Dans cette série, la couture au fil rouge ne répare pas, elle enferme, elle dégrade, elle interdit. Mais elle dit aussi notre éternel besoin de volupté. C’était l’un de mes tout premiers manifestes sur la condition des femmes et j’y suis fort attachée.</p>
<h4>Cachez ce sein…</h4>
<p>Rappelons également que, jusqu’au milieu du XXè siècle, l’excision a aussi été pratiquée en Occident pour soigner l’hystérie, la nymphomanie, la neurasthénie… Déconcertant quand on pense qu’à la même période, des médecins masturbaient eux-mêmes leurs patientes (parfois avec des instruments fabriqués spécialement à cet effet !) afin de soigner les mêmes maux. D’une façon ou d’une autre, la jouissance féminine et le traitement de ses « excès » laissait le corps médical perplexe. Les théories freudiennes n’ont pas été non plus sans causer des dégâts dans le domaine.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>En cela, mai 68 marquait une profonde révolution. Les années 70 nous ont fait basculer dans un nouveau paradigme. Des égarements bien sûr, comme à chaque révolution, mais la levée des tabous. Une avancée de taille ! <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Une situation totalement contradictoire : sexualité 2.0 débridée, « Mom Porn », « Sugar Dady »… et un puritanisme qui revient au grand galop…<span class="Apple-converted-space">  </span>(Je citerais avec un grincement de dents ma censure quasi systématique sur Facebook, depuis le début de l’année, pour « pornographie » !). L’hypocrisie est à son comble.</p>
<p>Une société où il est peut-être bien plus compliqué de se construire que pour nos ancêtres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>VAM</p>
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		<title>Le miroir m&#039;a tuer</title>
		<link>https://www.vam-artist.com/2018/06/27/le-miroir-ma-tuer/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[VAM]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Jun 2018 16:07:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet d’humeur]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a un an ou deux, au cours d’un dîner chez des amis, j’avais rencontré un homme passionnant, philosophe, qui avait travaillé plusieurs mois dans le célèbre service de reconstruction faciale du Professeur Bernard Devauchelle au CHU d’Amiens. Je ne suis pas philosophe, je ne prétends pas avoir eu une conversation de haute volée [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a un an ou deux, au cours d’un dîner chez des amis, j’avais rencontré un homme passionnant, philosophe, qui avait travaillé plusieurs mois dans le célèbre service de reconstruction faciale du Professeur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Devauchelle" target="_blank" rel="noopener">Bernard Devauchelle</a> au CHU d’Amiens. Je ne suis pas philosophe, je ne prétends pas avoir eu une conversation de haute volée avec cette personne, mais le lien entre son questionnement et mon travail était si évident que nous avons eu un échange qui m’a marquée.</p>
<p>Cela pourrait se résumer ainsi : sommes-nous ce que nous voyons dans notre miroir ?</p>
<h4>Être et paraître<span class="Apple-converted-space"> </span></h4>
<p>Les patients qu’il avait rencontrés au CHU, défigurés par suite de maladie ou d’accident, bénéficiaient de greffes de parties du visage d’un donneur, certes anonyme, mais pourtant bien présent dans leur nouvelle image.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>La question était donc : ces hommes et femmes qui avaient perdu leur propre visage, perdaient-ils du même coup leur identité ? A priori, vous allez me répondre que non, nous sommes ce que nous sommes, indépendamment de notre image. Mais en êtes-vous bien sûrs ?<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Ce que nous renvoie le miroir fait autant partie de nous que notre esprit. J’en suis absolument convaincue. J’ai d’ailleurs toujours été obsédée par cette question : suis-je à l’image de mon image ? Le dedans et le dehors se rejoignent-ils ? Car il y a,<span class="Apple-converted-space"> </span>à mon sens, une relation tout à fait étrange entre notre être et notre paraître.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Le stade du miroir est considéré comme fondamental dans le développement du jeune enfant. Le jour où il se reconnaît, il se détache définitivement des autres, de sa mère, se définissant comme un être distinct et unique. S’en suit généralement des heures à se dévisager avec un mélange égal d’étonnement, de malaise et de plaisir.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Même adulte, il m’arrive encore parfois de me fixer dans le miroir sans être sûre de reconnaître vraiment cette autre qui est moi. Je ne suis pas schizophrène, rassurez-vous ! Mais je ne suis jamais certaine de voir ce que les autres voient (c’est un peu comme se regarder sur une photo ou s’entendre sur une vidéo, le décalage avec notre perception intime est toujours troublant).<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<h4>La trahison du miroir</h4>
<p>Bien des gens ont l’impression d’être trahis par leur miroir. Ce qu’ils y voient ne leur correspond pas. Je ne parle pas de la simple <span class="Apple-converted-space">"tyrannie" des codes esthétiques ; n</span>os traits ne sont jamais à la hauteur des idéaux de beauté prônés dans les magazines (je suis d'ailleurs curieuse de lire le roman de Clarisse Gorokhoff, « <a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Casse-gueule" target="_blank" rel="noopener">Casse-gueule</a> »). Non, sans forcément parler de beauté plastique, je pense à ces traits qui ne s'accordent pas avec ce que nous sommes. Un nez trop busqué qui donne un profil de rapace à une jeune colombe, des petits yeux enfoncés qui privent d'éclat une personne qui pourtant rayonne par son esprit, mais aussi des joues trop rondes qui offre un air jovial à un parfait emmerdeur ! Parfois, la chirurgie esthétique remplit là sa vraie mission : accorder l’intérieur et l’extérieur.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Je ne peux manquer non plus d'évoquer la dysmorphophobie où la perception de notre corps tout entier est faussée, comme au travers d’un miroir déformant de fête foraine (phénomène souvent décrit chez les personnes souffrant d’anorexie). Sujet sur lequel je travaille également.</p>
<p>Certains se regardent peu, ne s’aiment pas. D’autres se regardent beaucoup, s’aiment-ils pour autant ? L'image dans notre miroir n'en reste pas moins un animal sauvage que nous peinons à apprivoiser.</p>
<p>Notre visage devrait, à l’instar du « <a href="http://www.livredepoche.com/le-portrait-de-dorian-gray-oscar-wilde-9782253002888" target="_blank" rel="noopener">Portrait de Dorian Gray</a> » imaginé par Oscar Wilde, refléter notre âme. Lisse lorsque nous sommes purs et bons, altéré lorsque nous traversons les chagrins, enlaidi lorsque nous sommes cupides et<span class="Apple-converted-space"> </span>égoïstes… Mais non, même les pires salauds peuvent se cacher derrière une gueule d’ange. La série « Ma mauvaise Âme » joue avec cette idée de diabolisation intérieure qui pourrait faire surface à tout moment. A moins qu’il ne s’agisse juste de transcender notre peur dans une ultime mutation chamanique…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>VAM</p>
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		<title>2 kg d&#039;os</title>
		<link>https://www.vam-artist.com/2018/06/14/2-kg-dos/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[VAM]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Jun 2018 16:02:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet d’humeur]]></category>
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					<description><![CDATA[Profitant d'un impédancemètre, balance nouvelle génération vous indiquant laconiquement votre composition corporelle (masse musculaire, masse graisseuse, masse hydrique...), je découvre que mes os ne représentent que 2 kg de mon corps. Somme toute, pas grand chose. Quelque soit notre corpulence, nous nous résumerons tous, à notre mort, à ces 2 à 5 kg d'os. Et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Profitant d'un impédancemètre, balance nouvelle génération vous indiquant laconiquement votre composition corporelle (masse musculaire, masse graisseuse, masse hydrique...), je découvre que mes os ne représentent que 2 kg de mon corps. Somme toute, pas grand chose.</p>
<p>Quelque soit notre corpulence, nous nous résumerons tous, à notre mort, à ces 2 à 5 kg d'os. Et pourtant, toute notre vie, nous nous préoccuperons de notre enveloppe charnelle, de ces muscles à développer, de ces bourrelets à éliminer, de ces courbes à sculpter...</p>
<h4>Le corps comme trait d'union</h4>
<p>On me demande souvent pourquoi mes œuvres ne traitent quasiment que de nu. C’est que le corps représente pour moi le creuset de tous les désirs, de tous les plaisirs et de toutes les douleurs, tout ce qui fait de nous des êtres humains si semblables et prévisibles.</p>
<p>Tout en cherchant à se conformer à une esthétique convenue, la plupart d’entre nous tentent de cultiver une originalité de style qui nous distinguerait et nous rendrait un tant soit peu unique (je n'échappe pas à la règle, sinon, serais-je artiste ?!). Donnant ainsi naissance à une paradoxale uniformisation de l’originalité !</p>
<p>Mais dénudé, privé des codes sociétaux, le corps redevient dénominateur commun de notre simple humanité. Un sexe, des seins, des fesses, dissociés de la projection du désir, ne sont que des attributs naturels. Scénographier ce corps nu dans mes œuvres (comme dans la série « Corpus »)  me permet de souligner l’universalité de nos émotions. Joie, déception, peine, mélancolie, amour, allégresse, enthousiasme, peur, désir... Nous sommes toujours persuadés que la façon dont nous les ressentons n’est propre qu’à nous, que nul autre ne les a vécu avec la même intensité, la même particularité. Vaste illusion...</p>
<h4>Retour à notre vraie nature</h4>
<p>Tout ce que notre corps ressent – ce qui nous prend aux tripes, ce qui nous arrache le cœur, ce qui nous fait froid dans le dos, ce qui nous donne des papillons dans le ventre, etc. (les expressions sont légions pour dire ces émotions/sensations) – tout ceci nous unit au delà de toute individualité. Comme un simple élément du grand "tout". Une invitation à rester humble, mais aussi à nous réjouir de cette "appartenance".</p>
<p>Dans son bestseller « Femmes qui courent avec les loups », <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Clarissa_Pinkola_Estés" target="_blank" rel="noopener">Clarissa Pinkola Estés</a> analyse des contes et rituels ancestraux, comme « Chanter au dessus des os », pour évoquer les mythes et archétypes de la femme sauvage, c'est à dire une femme en harmonie avec la beauté de ses formes psychiques naturelles. J'aime donc particulièrement cette « Nomade » de la série Corpus, qui illustre une âme féminine en marche, en accord avec sa nature, son corps et ses 2 kg d'os.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>VAM</p>
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		<title>Sois belle et t&#039;es toi</title>
		<link>https://www.vam-artist.com/2018/05/18/sois-belle-et-tes-toi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[VAM]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 May 2018 07:57:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet d’humeur]]></category>
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					<description><![CDATA[Enfant, cet adage me laissait perplexe. « Sois belle et tais-toi ». Que devais-je comprendre ? « Sois belle et t’es toi » ? Une seule chose était sûre, il fallait être belle. Voici comment l’on bascule très tôt dans l’obligation d’être plaisante et agréable… Une aliénation qui peut vous poursuivre très longtemps. La suite était plus énigmatique. Fallait-il [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Enfant, cet adage me laissait perplexe. « Sois belle et tais-toi ». Que devais-je comprendre ? « Sois belle et t’es toi » ?</p>
<p>Une seule chose était sûre, il fallait être belle. Voici comment l’on bascule très tôt dans l’obligation d’être plaisante et agréable… Une aliénation qui peut vous poursuivre très longtemps.</p>
<p>La suite était plus énigmatique. Fallait-il me taire pour cacher ma bêtise ? Ou parce qu’au contraire, ne pas être bête pouvait déranger ? Faire ombrage ?</p>
<p>Et s’il fallait bien entendre « t’es toi » ? Je me résumerais donc à ma seule joliesse ?</p>
<p>Quoiqu'il en soit, il y avait des codes à intégrer pour être une femme, des choses à faire ou ne pas faire, à dire ou ne pas dire, indépendamment de ce dont je pouvais avoir envie.</p>
<p>Et celui-ci encore, entendu toute ma jeunesse : « Bats ta femme tous les matins, si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait. » J’étais donc de la race des coupables quoiqu’il arrive…</p>
<p>Tout un imaginaire perverti… Avec ce genre de dictons, la relation aux autres – et parmi les autres, les hommes évidemment – ne pouvait qu’être faussée dès le début pour moi comme pour de très nombreuses jeunes filles.</p>
<h4>Les mots codifient</h4>
<p>Tout ne se joue pas sur un dicton, mais les mots construisent, induisent, orientent. Et par dessus tout, leur répétition, qui nous aliène peu à peu.</p>
<p>Je pense à tous ces vieux adages, censément ironiques ou drôles, qu’on nous ressort toujours au détour d'un apéro ou d'une réunion de famille, et qu’Annette Messager avait brodés à la main en petits tableaux : « Qu’y a-t-il de pire qu’une femme ? 2 femmes », « L’homme pense, la femme dépense », « Les femmes et les melons, il est difficile de reconnaitre le bon », « Quand la fille naît, même les murs pleurent », « Femme en colère, mer déchaînée »... (« Ma collection de proverbes », <a href="https://annettemessager.wordpress.com" target="_blank" rel="noopener">Annette Messager</a>, 1974).</p>
<p>Petite misogynie quotidienne que personne ne relève... Il existe beaucoup d’autres dictons colportant des lieux communs sur les hommes. Mais dans quelle proportion ?</p>
<p>Aujourd’hui encore, j’hésite à souligner ces dérives de langage sous peine de passer pour ce genre de féministe aigrie et rabat-joie que tout le monde exècre. Il m'arrive même, comme tout le monde, de rire de certains de ces bons mots (oui, il paraît que j'ai de l'humour !) mais il m'est toujours pénible de penser que derrière eux se cachent des croyances profondément ancrées et clivantes.</p>
<h4>Une œuvre pour épingler les clichés</h4>
<p>Tous ces mots peuvent paraître légers et innocents, mais, s'ils sont dit le plus souvent sans malveillance, pourtant tous ces messages martelés depuis notre enfance nous façonnent et modèlent notre inconscient. Comment apprendre la liberté d’être dans un tel univers ?</p>
<p>Je me réjouis que de plus en plus de parents d’aujourd’hui aident leurs enfants – filles et garçons – à grandir dans la certitude qu’ils n’ont pas à respecter de « code de conduite » en fonction de leur sexe. Ils n’ont ni à être beaux pour plaire, ni à se taire pour se faire accepter.</p>
<p>Pour moi et beaucoup d'autres femmes, la déconstruction/reconstruction a été longue. J'ai la chance de pouvoir « œuvrer » pour dénoncer le sexisme ordinaire. La série des Vierges Rouges fut libératrice ! Se jouer des codes – non sans une pointe d'humour – nous oblige à être attentif aux stéréotypes qui perdurent.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>VAM</p>
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